top of page
Rechercher
  • Photo du rédacteurA.G

Ne pas pratiquer le Tarawih est-il une Sunna ?

Introduction

La question de la pratique du Tarawih pendant le mois béni de Ramadan suscite des débats passionnés parmi les musulmans. Un élément crucial de cette discussion réside dans le fait que le Prophète Muhammad lui-même n'a jamais prié le Tarawih en groupe avec ses compagnons, préférant l'accomplir de manière individuelle. Cette préférence est étayée par ses instructions claires enjoignant les musulmans à effectuer les prières surérogatoires, y compris le Tarawih, dans l'intimité de leurs foyers. Explorons ces éléments à la lumière des enseignements prophétiques et des réponses du Prophète aux interrogations de ses compagnons.



musulmans-prient-tarawih
Des musulmans qui prient tarawih

Le Prophète et le Tarawih

Les hadiths rapportés par Zaid ben Thabit et d'autres compagnons évoquent la pratique personnelle du Prophète Muhammad pendant le Ramadan. Il se retirait dans une cellule, séparée des autres par une natte, pour accomplir des prières surérogatoires pendant les nuits. Cependant, dès qu'il s'est rendu compte que certains compagnons le suivaient, il a immédiatement cessé cette pratique. Ceci reflète son souci de décourager l'établissement d'une prière collective du Tarawih, au profit de l’ordre de prier à la maison, les prières non obligatoires.

D’après Zaid ben Thabit : « Pendant le Ramadan, le prophète se fit une cellule. Je crois bien, dit Bosr, rapportant ce hadith, que Zaid ajouta, avec une natte. Il fit la prière pendant quelques nuits. Un certain nombre de compagnons du prophète ayant suivi sa prière, celui-ci, dès qu’il s’en aperçut resta assis (et cessa de se montrer). Puis il alla vers ses compagnons et leur dit : Je connaissais bien les sentiments que votre conduite m’a manifestés. Dorénavant, ô fidèles, priez dans vos demeures, car la meilleure prière pour un homme est celle qu’il fait chez lui, à moins qu’il ne s’agisse de la prière canonique ».
Zaid ben Thabit – qu'Allah l'agrée – dit : « L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – plaça une natte qui le séparait des gens. Comme il y faisait des prières, quelques hommes cherchèrent à l'imiter et se mirent à le suivre dans ces prières. Une nuit, ils se regroupèrent, mais l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – ne sortit pas les voir. Ils élevèrent la voix et frappèrent la porte avec quelques cailloux. L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – sortit les voir en colère et leur dit : Votre insistance (à faire ces prières) me pousse à croire qu'elles deviendraient obligatoires. Priez donc dans vos maisons ! Car la meilleure des prières est celle que l’on fait chez soi, sauf pour ce qui est des prières obligatoires ».

La réponse aux compagnons

Face à l'insistance de certains compagnons qui souhaitaient prier en groupe, le Prophète Muhammad a répondu de manière catégorique. Il a souligné que la meilleure prière pour un individu est celle accomplie chez lui, à l'exception des prières canoniques, en donnant l’ordre de prier à la maison.

« Priez donc dans vos maisons ! Car la meilleure des prières est celle que l’on fait chez soi, sauf pour ce qui est des prières obligatoires ».

Cette réponse claire devait servir de guide pour les générations futures.

Le suivi des compagnons

« Quand le Prophète mourut, les choses étaient ainsi et elles continuèrent de la même manière sous le Califat d’Abou Bakr et ce jusqu’au début du Califat d’Omar ».

Après la mort du Prophète jusqu’au début du Califat de Omar, les compagnons ont suivi l’ordre du Prophète, que de prier à la maison les prières non-obligatoires (surérogatoires / nawafil).

Ordre de prier à la maison

Le Prophète Muhammad n'a pas seulement répondu aux compagnons de son vivant, mais il a également émis des directives générales concernant les prières surérogatoires. Il a ordonné aux musulmans de prier ces prières à la maison, établissant ainsi un principe qui englobe toutes les prières surérogatoires. Cette directive vise à renforcer la relation individuelle avec Dieu, favorisant la concentration et l'introspection dans la prière.

Le silence du Prophète sur la prière collective du Tarawih

Un aspect notable de l'histoire est le silence du Prophète sur la mise en place d'une prière collective du Tarawih. En effet, pourquoi ce silence sur la prière du Tarawih ? Bien évidemment, parce qu’il ne la connaissait pas et ne l’a jamais connue. Les hadiths ne rapportent aucune initiative de sa part pour organiser cette prière en groupe. Ceci renforce l'idée que le Prophète, malgré sa connaissance des souhaits de certains compagnons, n'a pas encouragé la prière du Tarawih en assemblée. Bien au contraire, par principe, il l’a interdite.

La position de Malik et d'autres compagnons

Malik ibn Anas, un érudit renommé, relate que des savants tels que Rabira ne priaient pas à la mosquée, suivant ainsi l'exemple du Prophète lui-même.

« Malik a dit que : Rabira et d’autres savants, ne priaient pas à la mosquée et moi (Malik) je fais pareil puisque le prophète n’a prié que chez lui »

Ces pratiques se sont maintenues même après la mort du Prophète, sous le califat d'Abou Bakr et au début de celui d'Omar.

« Quand le Prophète mourut, les choses étaient ainsi et elles continuèrent de la même manière sous le Califat d’Abou Bakr et ce jusqu’au début du Califat d’Omar ».

Ces faits historiques laissent entrevoir une diversité de pratiques parmi les compagnons du Prophète concernant la prière du Tarawih. Diversité de pratiques et d’opinions, retournent clairement d’une dissension.

Les initiatives d'Omar ibn Khattab

L'histoire nous rapporte les actions d'Omar ibn Khattab, le deuxième calife bien guidé, en ce qui concerne le Tarawih. Omar a été le premier à rassembler les musulmans sous la direction d'un seul imam pour accomplir la prière du Tarawih pendant le Ramadan.

Abderrahmane ibn Abdelqâri a dit : « Une nuit, pendant le Ramadan, j’allais avec Omar ibn el Khattab à la mosquée. Les fidèles étaient en groupes dispersés. Ici, un homme faisait sa prière pour son propre compte. Ailleurs, un homme dirigeait la prière de son groupe. Omar dit alors : Il me semble que si je réunissais tous ces gens-là sous la direction d’un seul lecteur, cela serait plus convenable. Alors, mettant son dessein à exécution, il les rassembla sous la direction d’Obayy ibn Ka’b ».
« Une autre nuit, je sortis également avec Omar. Les fidèles priaient sous la direction de leur lecteur : Quelle bonne innovation, s’écria Omar ».
« Et c’est lui (Omar) le premier à avoir rassemblé les gens (musulmans) sous la direction d’un seul imam pour accomplir la prière dite de Tarawih durant le mois du Ramadan ».

Il a même écrit des lettres aux différentes villes musulmanes, ordonnant cette nouvelle pratique.


« Il adressa des lettres à toutes les villes des possessions musulmanes pour leur ordonner d’agir ainsi ».

Cependant, il est important de noter que cette initiative d'Omar a été qualifiée d'innovation positive, par lui-même, témoignant ainsi tant à la fois que Omar s’est octroyé le droit d’innover une prière. Qui plus est, celle-ci mise en perspective de l’ordre du Prophète que de prier les prières non obligatoires à la maison, s’oppose radicalement à l’enseignement du Prophète.

Le dialogue entre Omar et Obay ibn Karb

Un échange entre Omar et Obay ibn Kaab souligne davantage la question de l'innovation dans la pratique du Tarawih. Omar, soucieux du bon récit du Coran pendant le Ramadan, a suggéré à Obay ibn Karb de diriger la prière nocturne en groupe à la mosquée. Bien que l'initiative ait été qualifiée d'innovation par Obay, Omar a insisté sur son caractère positif. Si donc la prière de Omar est positive, que dire de celle du Prophète qui vous dit de faire le contraire ?

Omar ibn Khattab a dit a Obay ibn Karb : « Les gens jeûne le jour et ne récitent pas correctement le Coran. Si tu récitais pour eux le soir ? » Obay ibn Karb lui répondit : « Ô prince des croyants ceci est une chose qui n’existe pas » ! Omar lui répondit : « Je sais que cela n’existe pas cependant c’est une bonne chose ». Ainsi, Obay ibn Karb dirigeait l’office en Vingt génuflexions. Hadith al mohktar volume 3 et 4 numéro 1161

Ou encore :


Omar a demandé aux musulmans d’accomplir durant le mois du Ramadan, la prière nocturne en groupe à la mosquée, suite à quoi, Obay ibn Karb s’exclama comment nous ordonnes-tu à l’accomplissement d’une innovation ! Omar lui répondit « Quelle bonne innovation ». Commentaire du Sahih Muslim de Moussa Chahine Lachine volume 3 page 538

Les ajustements de Omar ibn al-Khattab

Question : Depuis quand réajuste-t-on des prières ? Une autre perspective intéressante est celle d'Abdalhak Alichbili, qui mentionne les ajustements apportés par Omar en réponse aux plaintes des fidèles quant à la durée des Tarawih. Omar a demandé de raccourcir la lecture et d'augmenter le nombre de génuflexions pour rendre la prière plus supportable. Si la prière de Omar est positive et particulièrement réajustable, le Prophète n’a jamais réajusté des prières à son bon vouloir. Au contraire, elles ont été établies et mises en vigueur sans plainte.

Abdalhak Alichbili dans son livre intitulé : Kitab at Tahajud ce qui suit :

« Les gens se sont plaints à Omar de la durée des Tarawih. Omar a alors ordonné au lecteur qui préside la prière, de raccourcir la lecture et d’augmenter le nombre de Rakaat. Ceci, afin que les prieurs restent moins longtemps debout. La prière se faisait alors de 23 génuflexions. Cependant, les gens ont continué à se plaindre, il a alors encore raccourci la lecture et a augmenté le nombre de génuflexions. Ainsi, le nombre fut porté à 36 Génuflexions et les choses en sont restées ainsi ».

Cela veut dire que le Prophète ayant enseigné l’Islam pendant 23 ans de sa vie, n’a jamais eu de plainte de quiconque en rapport à son enseignement sur la prière. Mais le premier venu qui innove la prière, se retrouve avec une tonne de plainte dans son dossier, au bout de quelques semaines seulement ! Et ça, c’est une Sunna ! Chapeau bas l’artiste !

Les critiques de la longueur excessive des Tarawih

Des sources historiques font état de la longueur excessive des Tarawih pendant le califat d'Omar, au point où certains fidèles s'appuyaient sur des cannes pour rester debout.

« C’était tellement long que certains s’appuyaient sur leurs cannes pour tenir debout, et d’autres s’attachaient par une corde accrochée au toit ».

En raison de la dureté de la prière durant le mois du Ramadan, les prieurs s’appuyaient sur des bâtons. Ces critiques révèlent une tension entre le désir de suivre la Sunna et la nécessité de rendre la prière accessible à tous.

Conclusion

À la lumière des enseignements prophétiques et des réponses données par le Prophète aux compagnons, il est possible de conclure que ne pas pratiquer le Tarawih en groupe est en accord avec la Sunna. Qui plus est, c’est une Sunna Mouwakkadat (certifiée, validée, garantie, non-prescriptible, indéniable).


Le Prophète Muhammad a clairement indiqué que la meilleure pratique pour les prières surérogatoires est de les accomplir individuellement à la maison. Cette parole s'inscrit dans la volonté de renforcer la connexion personnelle avec Allah, de préserver la méditation et le renforcement physique.


Ainsi, la pratique du Tarawih en groupe, bien qu'instaurée plus tard par Omar ibn Khattab, peut être considérée comme une innovation, alors que la Sunna originelle du Prophète préconise la prière individuelle dans le cadre intime du domicile.


12 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page